Éditorial
De la citoyenneté
Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca
Entre la Commission parlementaire sur le projet de loi concernant les défusions, les travaux du Conseil du trésor sur la réingénérie de l'État et les appels du premier ministre sur la nécessité de décentraliser Québec, l'idée d'une nouvelle gouvernance ne serait-elle pas en train de germer dans la tête des élus d'ici ? Éternel optimiste, j'espère que oui car il en va de la démocratie. En effet, la relation de méfiance voire de haine que les citoyens entretiennent à leur gouvernement provincial et de son État pourrait conduire notre société à des excès dévastateurs. Comme on dit, la colère est mauvaise conseillère. Or, les citoyens sont belliqueux à l'endroit d'un État qu'ils sentent loin, vétilleux, souvent accusateur et toujours collecteur de taxes et d'impôts.
Après 40 ans sur la scène publique québécoise, je le dis à qui veut l'entendre, la rénovation de l'État prend ancrage dans une certaine idée de la citoyenneté. Or, mon idée à moi, est qu'être citoyen est une réalité communautaire et une communauté n'est pas un guichet unique de services mais un lieu physique et symbolique de vie. Dans le même esprit, à tort, on confond la notion de citoyen avec celle de client. Et pire encore, certains croient que la somme des services de l'État constitue le bien commun.
Cette dernière idée est d'autant véhiculée que la presse s'obstine à haranguer les élus avec des questions entourant des cas individuels comme si l'histoire de l'un pouvait résumer des réalités complexes comme l'accès aux services de santé ou l'augmentation du taux de chômage.
En somme, nos élus, nos représentants, nous doivent un État soumis au gouvernement qu'ils composent. Et pour ce faire, ils leur faudra dompter les monstres asphyxiants de la bureaucratie et de la technocratie. Une tâche qui demandera une persévérance hors du commun.
Québec rural volume 12 no 5 - septembre 2005
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