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Sainte-Isidore (Ontario), le 2 décembre 2003 Notes
pour l'allocution de Jacques Proulx, président de Solidarité rurale du
Québec, lors de sa participation dans le cadre de la journée À lait coûte.
Salutations d'usage,
Je vous remercie de m'avoir invité. Le président de Solidarité rurale
du Québec que je suis est heureux que l'expertise et les préoccupations
de Solidarité rurale du Québec trouve écho auprès de vous. Jacques
Proulx, le vieux syndicaliste agricole est flatté qu'on se rappelle de
lui. Cependant, comme diraient les jeunes, je ne suis plus « hot » car
j'ai quitté l'UPA il y a exactement 10 ans ces jours-ci. Je ne sais
désormais de l'agriculture canadienne et québécoise ce que m'en
rapporte les médias agricoles et généraux. Ainsi, je sais que la crise
du revenu est majeur, je sais que la consolidation de fermes crée des
difficultés aux familles comme aux communautés, je sais que
l'intégration gagne tous les jours du terrain, je sais que
l'agriculture occidentale est secouée par la mondialisation du
commerce, je sais que d'échec de négociation de l'OMC en échec de
négociation l'intolérance, la méfiance et la peur galvanisent les
positions. Je vous dis tout cela pour vous annoncer que je ne sais plus
parler d'agriculture. Je veux bien, à la fin de cette causerie,
réserver une période question au cours de laquelle je répondrai à des
questions d'ordre agricole ou rurale.
Donc, cette causerie, je l'ai volontairement intitulée le village : un
objet de patrimoine ou d'avenir car j'ai souvent l'impression que le
village est vu par plusieurs urbains ou banlieusards comme une
antiquité. Et trop souvent, nos intellectuels se font l'écho de cette
idée qui est dans l'air du temps comme les oies dans le ciel au
printemps. C'est un cliché que d'associer la ville à la modernité. Une
sorte d'idée reçue que seule une poignée de ruraux récalcitrants
questionnent.
Mon intention est de simultanément vous expliquer pourquoi j'ai besoin
d'un village pour être heureux et comment cela ne m'a jamais empêché
d'être un citoyen du monde préoccuper autant par la Palestine que par
la Gaspésie. Je connais le Québec comme le fond de ma poche et j'ai
voyagé sur tous les continents. Comme le dit Séguéla : « je suis de mon
village et de ma planète ».
Solidarité rurale du Québec, la coalition que je préside depuis douze
ans, en plus de promouvoir le mode de vie rural considère une idée
moderne : celle du nomadisme comme en parle le philosophe et écrivain
Jacques Attali. Ce nomadisme contemporain, actuel, occidental, serait
le fait que nous aurons plusieurs lieux de vie, de résidence, au même
titre que nous avons désormais plusieurs emplois. Nous aurons plusieurs
adresses qui correspondront chacune à des temps de vie. En fait, le
premier motif pour déménager est l'allongement de la durée de vie. On
vit vieux, faut bien faire quelque chose de toutes ces années gagnées
sur la mort. Cela dit, il y aura toujours des urbains irréductibles et
d'éternels ruraux comme moi. Mais il y aura aussi du mouvement, des
allées et venues, des départs puis des retours. À cet égard, l'exemple
des jeunes est patent : partir pour mieux revenir. Beaucoup d'entre eux
sont partis voir le monde, faire leurs expériences, conclure leurs
études, puis l'âge aidant, commencent à chercher une branche où se
poser.
Pour nous, et c'est là notre paradigme, le monde rural est condamné à
l'innovation politique, comme économique, car il doit devenir autre. Un
autre aspect, au défi rural, est celui de « redonner un sens, une vie
et un contenu réels aux collectivités naturelles que sont (.) les
villages, les villes et les régions, voilà la pierre angulaire » de
notre vision des choses. Créer un sentiment d'appartenance ou miser sur
le sentiment d'appartenance pour stimuler la prise de responsabilité et
la volonté d'assurer une stabilité à nos milieux de vie. Utopique
peut-être mais pas candide, alors je m'explique.
En effet, au 21e siècle, dans les pays riches, industrialisés et
hautement urbanisés, le monde rural n'est plus nécessaire puisqu'il n'a
plus son rôle traditionnel de pourvoyeur de villes. En fait, nos
sociétés sont comme un couple qui cherche à redéfinir la façon de vivre
ensemble, d'une femme et d'un homme quand elle n'est plus la femme au
foyer et que lui n'est plus l'unique bailleur de fonds. À l'instar des
rapports hommes/femmes, c'est un enjeu de société extrêmement complexe
car, par certain de ses aspects, il questionne la vie économique alors
que sous d'autres aspects, il questionne la vie sociale ou culturelle.
C'est un enjeu fascinant car il n'est soluble que dans la mesure où
collectivement et individuellement nous accepterons de réinventer le
sens du monde rural et de sa relation à l'autre : le monde urbain.
C'est un enjeu moderne car pour la première fois dans l'histoire de
l'humanité et pour un nombre limité de sociétés, les campagnes ne
servent plus à nourrir les villes. À preuve, on pourrait facilement
imaginer que le Canada ne produise plus aucun aliment et les différents
marchés d'alimentation regorgeraient des mêmes produits. Les étals de
fruits et légumes en hiver en témoignent éloquemment. Il en va de même
pour les minéraux ou le pétrole. L'extraction ou non du cuivre à
Murdochville au bout de la péninsule gaspésienne ne change rien à la
capacité des usines installées au Québec ou ailleurs au Canada de
s'approvisionner en cette ressource naturelle.
Cet état de fait étant convenu, ce qui a changé avec la globalisation
de l'économie et la mondialisation des échanges de tout type est la
définition même du monde rural désormais centrée sur sa nature plutôt
que sur son rôle. Donc, au moment où nos communautés se mobilisent
autour de leur caractère, de leur mode de vie distinctif, plus que
jamais les énergies des leaders doivent être investies dans la
conception et le développement d'un modèle social, politique,
économique et culturel rural. Car rien n'assurera plus la pérennité de
notre mode de vie et de nos villages que la prospérité de chacun de ses
membres. Nous sommes condamnés à imaginer, à inventer ce que nous
voulons être, à innover dans nos façons de faire et à en saisir les
autorités politiques. Parce que le monde rural est aussi un enjeu
politique de taille puisqu'il concerne notamment l'occupation du
territoire, la protection et la mise en valeur des ressources
naturelles si importante pour l'économie canadienne, il est raisonnable
que les gouvernements locaux, régionaux ou nationaux se donnent des
politiques dont les ruraux useront comme d'un tremplin pour construire
un monde rural moderne, contemporain, adapté aux besoins des hommes et
des femmes qui préfèrent vivre dans des communautés de petites tailles.
La principale difficulté est, me semble-t-il, la panne d'idées. Or, il
existe une seule façon d'endiguer la chose : renouveler notre regard,
voir les choses autrement, les imaginer différentes, voilà le passage
obligé pour toute personne intéressée par le développement de son
village, de sa communauté. Pour les politiciens ou les cambistes,
renouveler le regard, voir le monde autrement c'est notamment briser le
paradigme de la spécialisation aussi cher à l'État qu'au grand capital.
Car, je vous le rappelle, la spécialisation de l'économie, comme des
lieux de vie dédiés à une seule production, exemples le Saguenay
réservé à l'aluminium, la côte gaspésienne aux pêches même s'il n'y a
plus de poissons, et l'Abitibi aux mines, est une idée intrinsèque à la
macroéconomie, elle-même une science issue du 19e siècle, du grand
siècle de l'industrialisation.
Comme l'écrit madame Jacobs, une éminente spécialiste reconnue partout
dans le monde : « la macroéconomie - ou économie à grande échelle - est
la branche du savoir chargée d'expliquer et de développer, en théorie
et en pratique, l'économie tant nationale qu'internationale. La voici
en plein chaos. Ces spécialistes ont eu la chance d'être crus et obéis
massivement et c'est ce qui a causé leur perte. Nous trouvons, à juste
titre, que les expériences des savants atomistes et des explorateurs de
l'espace coûtent un prix faramineux. Pourtant, ces dépenses ne sont
rien en regard des ressources colossales que les banques, les grandes
entreprises, les gouvernements et les institutions internationales
(comme la banque mondiale, le fonds monétaire international et les
Nations Unies) ont consacrées, sans que l'on sache pourquoi, à
l'expérimentation de la théorie macroéconomique. Jamais aucune science,
ou prétendue science, n'a bénéficié de tant de largesse. Jamais non
plus une expérience n'a laissé, dans son sillage, tant de ruines, de
surprises désagréables, d'espoirs anéantis et de confusions, à tel
point que l'on peut sérieusement se demander si les dégâts sont
réparables; s'ils le sont, ce n'est sûrement pas avec les mêmes
recettes. » Parlant des mêmes recettes, Einstein a écrit « la folie
c'est s'attendre à des résultats différents en adoptant la même
approche ». Et j'ai bien peur de croire que les idées sous-jacentes à
la Stratégie de l'innovation actuellement discutée au Canada s'appuie
sur les préceptes de la macroéconomie. Ceux-là même qui ont poussé le
monde rural là où on sait.
En somme, notre idée à Solidarité rurale du Québec est que le monde
rural d'aujourd'hui étant tout autant tributaire de ses ressources que
des qualités de son mode de vie, seule une révision en profondeur de la
manière d'exploiter ses ressources entraînera des succès. Je vous donne
un seul exemple au Québec, l'observation de la nature embauche autant
que les papetières. Cela étant, la protection de la forêt est désormais
un enjeu pour les bénéfices des papetières comme des commerçants de la
nature.
Par ailleurs, comme c'est très à la mode dans les cercles de réflexion
sur le monde rural, ceux et celles qui essaient de nous embarquer dans
le bateau de l'économie du savoir feront naufrage car il n'y a jamais
eu d'économie de la bêtise ou de l'ignorance. En matière économique
comme entrepreneuriale, il y a des dogmes, des slogans qui prennent des
allures d'idées. Il faut se méfier des papes. Je ne suis pas en train
de dire que nous ne devons pas nous instruire. Je dis seulement que
l'humanité manifeste son intelligence depuis plus longtemps que les
économistes. J'ajouterais que la mondialisation n'est pas une réalité
contemporaine car les Égyptiens, les Romains, les Vénitiens chacun à
leur époque ont prospéré en conquérant le monde et de nouveaux marchés.
Le Nouveau monde est d'ailleurs issu du désir d'expansion des pays
dominants de l'époque. Juste un brin de rigueur intellectuelle nous
ferait voir le leurre des bien-pensants.
En somme, à partir de nos travaux sur la nouvelle économie rurale, sur
les micro-entreprises, sur l'organisation politique et économique des
villages, je dis que la nouvelle économie rurale et ses entreprises
seront simultanément créatrices et innovantes; flexibles et
polyvalentes; écologiques, maillées et enracinées; participatives.
Leurs conditions d'émergence : formation continue, accès aux
ressources, investissement dans la recherche, l'innovation et le
développement, accès aux marchés domestiques; accès au capitaux surtout
lors du démarrage. Enfin, je dis que l'avenir du monde rural est
tributaire de notre capacité collective et individuelle à redéfinir son
sens tout autant que son économie. Sans la prospérité, les milieux
ruraux sont condamnés. « Modifier le regard : c'est ça, notre grand
ouvre. » Et ça c'est hautement culturel. Les artistes sont plus
capables d'invention et de création que les technocrates.
Le professeur en sciences économique Bernard Pecqueur, un Français, dit
même que « le développement local est la seule façon de s'adapter au
global (.) si on oppose à la grande production la spécificité, on aura
du développement local ». Il va même jusqu'à dire que « l'un des moyens
à la disposition des pouvoirs publics pour encourager le développement
local est (..) d'investir dans la construction des territoires, la
protection des paysages, des ressources naturelles. Le territoire
devient une valeur. C'est toute la différence entre valoriser un
territoire, forcément unique, ou valoriser une main d'ouvre » , une
ressource, un secteur, que l'on pourra toujours trouver ailleurs.
Probablement à meilleur prix.
Dans la vaste sphère de la culture, Solidarité rurale du Québec a
travaillé sur un seul aspect : le patrimoine. Depuis, nos travaux sur
le patrimoine nous ont amené naturellement vers ceux sur les terroirs
et leur production. Nous croyons que les produits du terroir sont
autant un bien culturel qu'économique et qu'à ce titre, ils doivent
être protégés et développés pour ce qu'ils sont : des objets de notre
patrimoine. Ils sont l'envers de la banalité, de l'anodin, de
l'ordinaire. Ils sont hautement identitaires, car ils sont le fait de
quelqu'un en plus d'être le fait d'une communauté. Généralement, on
apprend à les faire grâce au compagnonnage, une pédagogie hautement
humaine. Ils sont rentables pour les artisans en plus de l'être pour
les communautés rurales, car ils exploitent des ressources locales. Ils
sont également le reflet de la rigueur de ceux et celles qui les font
car eux aussi, autrement, à leur manière, sont en quête d'excellence et
s'y contraignent en encadrant leur pratique. Recherchés à la ville et
produits à la campagne, ils sont un point d'équilibre, un lieu de
rencontre convivial entre le rat des villes et le rat des champs.
Également, ils sont au service des autres métiers de la bouche :
pâtissiers, bouchers, boulangers, cuisiniers, etc. « Les terroirs sont
la langue maternelle de la cuisine » a déclaré l'amateur et gastronome
catalan de grande réputation Pep Palau.
Par l'étude des terroirs, nous en sommes venus à considérer toute sorte
de choses qui n'avaient pas encore retenues l'attention des gens de
notre secrétariat. Un exemple en travaillant sur les ressources
inexploitées de la forêt et en sachant qu'en Beauce certains forestiers
cherchaient à cultiver le ginseng, nous sommes tombés sur ce précieux
extrait de la fameuse Flore laurentienne du Frère Marie Victorin.
Parlant du ginseng, il écrit : « Cette plante est le fameux Ginseng de
Tartarie que l'empereur de Chine payait trois fois son poids d'argent.
Les Chinois et les Japonais s'en servent depuis des siècles, comme
panacée. La plante, déjà connue de Sarrazin, fut identifiée au Ginseng
de Tartarie, en 1716, par P. Lafitau. Cette découverte produisit à
l'époque autant d'émotion et de cupidité que beaucoup plus tard
l'annonce des mines d'or de la Californie. Les habitants, trouvant plus
de profit à chercher du Ginseng qu'à semer du blé, abandonnaient leurs
terres pour courir les bois. Malheureusement, au lieu de laisser la
racine sécher lentement dans les greniers, on la séchait au four pour
aller plus vite. Ce fut la cause de la dépréciation du Ginseng canadien
et bientôt de ce grand trafic il ne resta plus que le dicton populaire
: « C'est tombé, ou ça tombera comme le Ginseng ! » La chasse au
Ginseng a fait place à sa culture, qui se pratique surtout dans la
province d'Ontario. En 1929, il s'est produit au Canada 45,000 livres
de Ginseng évalué alors à 370,000 dollars. - Le Ginseng est l'une des
plantes dont la présence simultanée dans l'Asie orientale et l'Amérique
orientale indique un rapport ancien entre les deux flores. » En moins
de dix lignes, un pan de notre histoire, un produit de notre terroir
forestier, et un volet d'un multiculturalisme ancestral nous sont
rendus. La modification du regard prend parfois sa source à des détails
ou encore à la revisite de lieux ou de livres oubliés. Et pour
convaincre les septiques, j'ajouterai quelques lignes lues des résumés
des présentations du 66ième congrès de l'ACFAS. « Cette espèce, le
ginseng d'ici, a fait l'objet d'une cueillette intensive, si bien que
les populations naturelles ont aujourd'hui presque toutes disparu. Il
est cependant possible de cultiver le ginseng. Trois modes de culture
différents sont utilisés: 1) culture intensive en plein champ; 2)
culture intensive en boisé; et 3) culture en boisé en simulant les
conditions naturelles. Le prix de vente du ginseng, selon le mode de
culture, atteint jusqu'à 65$, 165$ et 575$ par kilogramme,
respectivement. »
Pour conclure sur les produits du terroir, je dirais qu'ils sont une
union savante entre nature et culture, essentielle à la vie
contemporaine, car elle témoigne de la façon dont les hommes et les
femmes ont vécu.
Voilà le maître mot du développement et de la vitalité : les hommes et
les femmes. Les règlements, les lois, les volontés politiques, les
subventions viendront lorsque nous serons collectivement convaincus que
la culture est la clé de voûte du développement.
Mais peut-être que je sais ça car je suis un homme modeste, peu
instruit mais connaissant tant de choses qu'aujourd'hui on méprise. Je
ne sais pas la poésie mais j'aime profondément les mots qui touchent.
Je ne connais rien à l'art ou aux musées fussent-ils modernes ou du
terroir, mais je sais la musique du ruisseau au printemps tout comme je
fige devant les couleurs d'automne. Et tant que les gens comme moi ne
seront pas inclus dans les intentions, les propos et les actions des
gens qui veulent sauver ou fermer les régions, on arrivera nul part.
Car personne ne pourra faire obstacle à mon bonheur. Or, pour être
heureux j'ai besoin d'un village vivant, moderne, ambitieux et réel.
À la fin de l'année 2002, je suis tombé sur le texte d'un psychiatre
français dans lequel il parlait des individus et de leur
épanouissement. Il écrivait : « mais, pour ne plus se sentir mauvais,
pour devenir celui par qui le bonheur arrive, il faut participer à la
culture, s'y engager, devenir acteur, pas seulement assisté. » J'ai
fait le lien avec notre condition commune de rural. Pour être agent de
bonheur, il nous faudra être participant à la culture québécoise,
canadienne et occidentale.
Je viens juste de terminer la lecture du dernier ouvrage de Gil
Courtemanche, La seconde Révolution tranquille, dès les premières
pages, j'ai compris pourquoi les communautés rurales se devaient d'être
solidaires dans leur développement car elles sont menacées de
disparition. Le monde rural d'aujourd'hui est si peu pris en compte par
les leaders politiques et économiques que les autorités sont des
prédateurs. Or, si nous n'agissons pas ensemble contre nos ennemis à
l'instar des Inuits contre le vents ou la neige, nous sommes morts.
Notre survie, la survie des villages, si obseltes dans l'organisation
sociale contrôlée par les forces du marché, passe impérativement par le
développement d'une culture solidaire. Comme au 21e siècle, dans un
pays occidental, vivre au village c'est vivre à contre-courant, à la
marge, plus que d'autres, les ruraux sont condamnés à la solidarité
digne, digne de leur bonheur. D'ailleurs la Politique nationale de la
ruralité québécoise obtenue de hautes luttes par les ruraux est appuyée
sur une certaine idée de solidarité, de la citoyenneté. Et voilà à quoi
elle est assez originale pour inspirer le monde occidental car elle met
de l'avant une certaine idée de la gouvernance appuyée sur la
modulation de l'action gouvernementale qui prenne en compte le
territoire et une pléiade de facteurs socio-économiques comme le niveau
d'instruction ou l'âge moyen des résidents d'un coin de pays. Aussi,
elle met à l'ouvrage, en forçant leur collaboration, les élus et les
acteurs communautaires également appelés société civile.
Donc, solidaires entre eux et de leur mode de vie, les ruraux défendent
leur droit au bonheur. C'est plus fort que la police ou la
mondialisation. L'État aurait tort de croire plus ses actuaires que ses
citoyens. Au fil des siècles, tous les pouvoirs sont tombés. Et comme
j'aime mieux être paysan aujourd'hui que gueux au Moyen Âge, j'userai
avec mes amis ruraux des avantages de la démocratie pour casser l'idée
que l'on pourrait fermer des coins de pays qu'on a défrichés.
Avant de vous laisser la parole, j'aimerais vous dire que nous tentons
tous les jours à Solidarité rurale du Québec d'être un point de
contact, un relais, un lieu de ressourcement pour les leaders des
communautés rurales. Notre site Internet, notre émission hebdomadaire
de radio Entends-tu mon village, notre bulletin de liaison, le Québec
rural sont des outils qui tentent d'appuyer ceux et celles qui
choisissent de vivre au village.
Merci!
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