Rapport de la Commission Coulombe sur les forêts
Un regard lucide, des changements timides
Nicolet
le 14 décembre 2004 - Réagissant au dépôt par la Commission d'étude sur
la gestion de la forêt publique québécoise de son rapport, Solidarité
rurale du Québec s'est déclarée satisfaite de la justesse du portrait
sans complaisance qui y est brossé, mais a déploré que la Commission
n'ait pas profité de l'occasion pour revoir en profondeur le modèle de
gestion, en lui appliquant un tout nouveau paradigme fondé sur la
nécessité de séparer la forêt de l'usine. La Coalition avait en effet
présenté un mémoire proposant une approche audacieuse et inédite à la
Commission.
Comme
l'a déclaré le président de la Coalition, M. Jacques Proulx : «Les
constats posés par la Commission Coulombe sur l'état de la forêt
publique québécoise sont sévères, courageux, mais essentiels à la
poursuite d'un nécessaire débat public. Nous partageons la lecture
présentée quant aux priorités soumises au gouvernement en termes
d'aménagement écosystémique, d'allocation basée sur la qualité des
tiges et l'accessibilité des peuplements, de sylviculture mieux ciblée,
etc. Par contre, nous aurions apprécié qu'elle prenne en compte plus
sérieusement notre recommandation à l'effet de changer le paradigme en
matière de gestion pour permettre aux communautés de se réapproprier
non seulement la gestion de leurs forêts, mais les fruits qui en
découlent. Car, ne l'oublions pas, les femmes et les hommes qui
habitent le territoire font aussi partie de l'écosystème à protéger et
à mettre en valeur.»
Gare à une déconcentration déguisée
S'il
est un aspect des conclusions de ce rapport qui a déçu profondément
SRQ, c'est toute la question de la décentralisation qui, à la lecture
préliminaire des recommandations, ressemble bien davantage à une
déconcentration où tous les pouvoirs se trouveraient dans les mains de
toutes nouvelles directions régionales unifiées du ministère Forêt
Québec et Faune Québec. De même, le virage vers les CRÉ ne constitue
pas une garantie de reprise en main par le milieu, ni de véritable
décentralisation répondant aux principes de démocratie représentative,
d'imputabilité et de subsidiarité.
«Un
peu comme pour l'ensemble de ses recommandations, nous avons
l'impression que la Commission Coulombe est allée au plus loin de ce
qu'elle pouvait sans changer les fondements du système. Ainsi, côté
forêt, elle n'a pas remis en cause la nature des liens entre les
entreprises privées, le gouvernement et les communautés et du côté de
la décentralisation, elle n'a pas osé donner de rôle aux MRC, qui sont
pourtant mieux placées pour gérer ces questions, et en a attribué la
responsabilité aux CRÉ, tout en maintenant une solide bureaucratie
régionale, ce qui semble aller de pair avec la vision gouvernementale.
Cela est dommage, mais ne remet aucunement en cause la justesse de
l'analyse et la vigueur de certaines de leurs recommandations notamment
en ce qui a trait à la pérennisation de la ressource», a conclu le
président de Solidarité rurale du Québec.
À propos de Solidarité rurale du Québe
SRQ
a été créée en 1991 pour assurer le suivi des États généraux du monde
rural. Sa mission est de promouvoir la revitalisation et le
développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de
manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des
campagnes québécoises. La coalition est hybride avec son membership
composé d'une vingtaine d'organismes nationaux, de quelque 80 membres
corporatifs et de plusieurs membres individuels. Depuis juin 1997, SRQ
agit à titre d'instance conseil du gouvernement du Québec en matière de
ruralité. De plus, avec l'appui de son secrétariat, elle est un
groupe-conseil, un lobby, un centre de formation, un centre de
documentation, un lieu de recherche, une petite maison d'édition et un
organisateur d'événements.
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Source : Solidarité rurale du Québec
Pour renseignements : Catherine Escojido
Téléphone : (514) 927-8807, cellulaire