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Montréal, le 18 mai 2006 Notes pour la présentation de Jacques Proulx, président de Solidarité rurale du Québec, lors du Colloque « S'engager, de la parole à l'action ! » du Carrefour de la citoyenneté responsable.
Nos quartiers, nos villages favorisent-ils l'engagement des jeunes?
Salutations d'usage .
Bonjour à vous tous,
Merci ce m'avoir invité. C'est avec beaucoup de plaisir que je suis parmi vous aujourd'hui pour participer à cette table ronde qui parle la vie de nos jeunes et qui les associe à celle de nos communautés.
Ce sujet me touche d'autant plus que je crois aux jeunes. Même si ça peut faire un peu cliché, c'est un fait, ils sont notre avenir et il nous faut trouver des moyens pour les intéresser à se mêler de la vie de leur milieu, mais avant tout il faut trouver le moyen de les amener à vivre dans nos campagnes, dans nos villages et dans nos quartiers.
Si je parle plutôt de campagne, c'est qu'en ma qualité de président de Solidarité rurale je suis mieux placé pour parler de village que de quartier. Surtout qu'avec la réalité démographique qui se vit en dehors des grandes centres du Québec, plus que jamais nous avons besoin de voir nos jeunes venir s'y établir. Et c'est en intéressant et en impliquant nos jeunes dans nos communautés qu'ils s'y installeront. Non pas qu'ils ne doivent jamais en partir, mais plutôt qu'ils choisissent d'y revenir pour s'y établir.
Parce que la réalité des jeunes c'est ça : partir pour mieux revenir. Beaucoup d'entre eux sont partis voir le monde, faire leurs expériences, conclure leurs études, puis l'âge aidant, ils commencent à chercher une branche où se poser et cette branche est souvent celle qui les a vu grandir, à la condition qu'ils y trouvent ce qu'ils recherchent.
Permettez-moi d'ailleurs de citer une donnée fort intéressante tirée d'une enquête menée par l'Observatoire Jeunes et Société de l'INRS, qui indique que 62 % des jeunes qui ont quitté leur région d'origine pour aller compléter des études seraient prêts à retourner y vivre, si les circonstances s'y prêtaient. Et les circonstances prennent souvent la forme d'un emploi, bien sûr. Ce que cette enquête indique aussi, c'est que c'est tout de suite après la fin de leurs études que les jeunes sont les plus mobiles. Les communautés devront trouver les moyens de les convaincre de revenir s'y installer avant qu'ils ne se perchent sur une autre branche qui pourrait bien être urbaine, si rien d'autre ne leur est offert par le monde rural.
Quant à savoir si nos quartiers, nos villages et nos campagnes favorisent l'engagement des jeunes, il n'y a pas de réponse toute faite à cette question. Il y a autant de réalités qu'il y a de communautés, mais il y a tellement de possibilités que tous les rêves sont permis.
A Solidarité rurale, nous revenons tout juste d'une tournée à travers tout le Québec, qui nous a permis de mesurer toutes ces différences qui existent, selon le type de communauté, selon son développement, ses habitants et surtout son éloignement. Mais du coup nous avons aussi constater qu'un bon nombre de milieux ont fait de la place pour accueillir et garder les jeunes chez eux. Ils ont trouvé des moyens adaptés à leur réalité propre pour encourager les jeunes à venir vivre chez eux. Les milieux qui ont le mieux réussi ont fait preuve d'imagination et d'audace.
Parce que c'est là notre paradigme, le monde rural est condamné à l'innovation politique, comme économique et social, il doit devenir autre pour se développer à sa pleine mesure. Car, un autre aspect du défi rural est de « redonner un sens, une vie et un contenu réels aux collectivités naturelles que sont (.) les villages, les villes et les régions, voilà la pierre angulaire » de notre vision des choses.
En plus d'offrir un milieu de vie, il faut créer et miser sur le sentiment d'appartenance pour stimuler la prise de responsabilité et la volonté d'assurer une stabilité à nos milieux de vie. Pour ce il faut donner l'occasion aux jeunes de s'impliquer dans la vie de la communauté.
Parce qu'il s'agit là d'une réalité quand on veut garder les jeunes dans une région, il faut les impliquer, ils faut qu'ils se sentent bienvenus mais encore plus, qu'ils sentent qu'ils ont quelque chose à faire dans leur milieu, qu'ils comptent pour le reste des habitants, mais aussi que les autres habitants comptent sur eux. Dans les quartiers, les villages et les campagnes il faut former une grande famille dans laquelle chacun des membres a sa place, se sent important et à un rôle à jouer, en tenant compte de ses capacités, de ses talents et de son savoir.
Les jeunes ont tant à partager, mais même eux ne le savent pas toujours, c'est pour cette raison qu'il faut les guider sans pour autant leur dicter une façon de faire.
Le monde rural ne vit plus en autarcie. La capacité des communautés à faire face aux défis des années à venir, dépend en bonne partie de leurs aptitudes à profiter et à développer les forces de leur milieu.
La vitalité, le développement et même la survie de nos milieux dépendent de l'utilisation de l'ensemble des ressources dont ils disposent. Dans le monde de demain, ce sont les collectivités ingénieuses et innovatrices, qui sauront attirer et mobiliser des personnes, des énergies et des idées qui réussiront le mieux à survivre et à se démarquer.
Mais chose certaine, ce développement doit d'abord et avant tout se faire avec la participation des habitants des communautés. Ce sont les personnes qui composent les communautés qui la colore, lui donne le ton et les orientations. Ils sont la matière première, c'est sur ses habitants que repose tout le dynamisme d'une communauté.
Après ce constat, il faut se mettre à la tâche et travailler de concert pour avancer. Fini l'esprit de clocher où Ton père est plus fort que le mien était de mise, aujourd'hui c'est la complémentarité et la collaboration qui fait que la communauté profite des compétences de tous et chacun. Ce n'est qu'à ces conditions que les milieux ruraux se démarqueront et survivront. Et les communautés qui réussissent le mieux sont celles qui ont adapté leur façon de faire en tenant compte de la présence des jeunes, ils les ont écouté, leur ont fait confiance et ensemble ont mis sur pied des projets ou des formules adaptés aux jeunes.
En terminant, j'aimerais vous dire que nous tentons tous les jours à Solidarité rurale du Québec d'être un point de contact, un relais, un lieu de ressourcement pour les leaders des communautés rurales et que nous appuyons, par nombre d'outils, ceux et celles qui choisissent de vivre au village. Nous accompagnons aussi les communautés, qui nous le demandent dans leur démarche de développement ou tout simplement dans leur effort de sauvegarde des services au village.
Notre coalition est hybride avec un membership composé d'une vingtaine d'organismes nationaux telle que l'Assemblée des évêques, les grandes organisations syndicales dont l'Union des producteurs agricoles, la Fédération des caisses Desjardins, la Fédération de l'Âge d'Or, l'Association des CLSC et CHSLD du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, bref, un sommet économique permanent auquel se greffent plusieurs organismes régionaux et des membres individuels.
Depuis 1997, Solidarité rurale du Québec est également l'instance-conseil du gouvernement du Québec en matière de ruralité. Nous sommes donc simultanément un groupe-conseil, un lobby, un centre de formation, un centre de documentation, un lieu de recherche, une petite maison d'édition, un organisateur d'événements, tout cela avec une vaillante équipe d'une dizaine de personnes. Notre site Internet mérite d'être visité notamment pour y lire notre bulletin d'information, le Québec rural.
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