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TANT VAUT LE VILLAGE, TANT VAUT LE PAYS.
Février 1991 sonnait la fin d’une vision réductrice, défaitiste et dévalorisante de la ruralité. 1200 personnes issues des mondes de la recherche, de la coopération, de l’éducation, de la santé, de l’économie, de la politique et du mouvement syndical, touchées de près ou de loin par la grave crise structurelle du Québec rural de l’époque, se mobilisaient lors des État généraux du monde rural pour « prendre en main le développement général et particulier » des territoires.
Un mouvement social était né : corporations, organisations et citoyens formaient et forment encore la coalition Solidarité rurale du Québec qui, depuis 1997, assume le mandat d’instance-conseil du gouvernement du Québec en matière de développement rural. Mandaté pour promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural à partir d’une analyse territoriale, l’organisme n’a jamais cessé de participer aux débats, à la recherche de solutions et plus largement, au changement social.
Aujourd'hui, l’état de nos campagnes a bien changé. La morosité et le défaitisme ont cédé la place à un vent chaud d’optimisme et de prise en charge. Les communautés rurales prennent d’assaut leur développement, mettent sur pied des initiatives ingénieuses, diversifient leurs économies, incarnent le dynamisme, l’innovation et la mobilisation, tout cela parce que des citoyens, des groupes et des leaders ont mis leur génie à faire valoir les possibilités du monde rural. Aujourd’hui, nous pouvons être fiers du travail accomplit, mais surtout, de l’effort qui continue de se déployer jour après jour. Notre ruralité sera toujours plus riche tant et aussi longtemps que nous y insufflerons notre énergie créatrice.
Il reste toutefois beaucoup à faire et les enjeux auxquels font face les territoires sont sans précédent. La mondialisation, la démographie, les avancées technologiques, l’environnement, l’identité culturelle, les énergies ainsi que la reconversion économique interpellent les milieux ruraux de toutes parts et nous obligent à renouveler sans cesse notre pensée. Solidarité rurale du Québec souhaite continuer à répondre de façon réfléchie à ces défis par ses activités de recherche, d’animation et de représentation pour assurer aux collectivités rurales une veille active sur ces enjeux et une promotion dynamique des droits à la différence et à la prospérité des territoires ruraux.
Ruralement vôtre,
Claire Bolduc
Présidente de Solidarité rurale du Québec
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Déclaration du monde rural
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Les états généraux du monde rural,
réunis à Montréal les 3, 4 et 5 février 1991
Conscients de leurs responsabilités face aux Québécoises et
Québécois;
convaincus que le monde rural est actuellement confronté à une grave
crise structurelle dans tous les secteurs de l'activité humaine et naturelle;
décidés à prendre en main le développement général
et particulier du milieu rural;
prêts à vivre en solidarité d'action dans chacune des régions
et entre elles;
assurés de parler au nom de l'intérêt particulier et général
des citoyennes et des citoyens du milieu rural;
s'engagent solennellement:
à tout mettre en oeuvre dans leur domaine d'intervention respectif pour favoriser
la concrétisation du modèle de développement rural tel que
défini par l'exercice des États généraux;
à respecter les éléments spécifiques qui ont été
dégagés et qui sont à la base de l'édification de la
nouvelle ruralité. Ces éléments sont les suivants:
- la valorisation de la personne;
- la prise en charge, par le milieu, de son avenir;
- le respect et la promotion des valeurs régionales et locales;
- la concertation des partenaires locaux et régionaux;
- la diversification de la base économique régionale;
- la protection et la régénération des ressources;
- le rééquilibrage des pouvoirs politiques du haut vers le bas;
- la promotion de mesures alternatives pour un développement durable.
Par cet engagement, nous nous rangeons résolument aux côtés
de ceux et celles qui travaillent à inventer et à bâtir une
nouvelle société rurale et non pas aux côtés de ceux
et celles qui considèrent la désertification de l'espace rural comme
une fatalité.
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